Les élus chargés des questions d’environnement et de développement durable au sein des villes de Bayonne, Anglet, Biarritz, ou de la Communauté d’Agglomération, ont manifesté leur soutien au pôle de valorisation des déchets projeté par Bil Ta Garbi sur le site de Batz à Bayonne, lors d’une conférence de presse, le 9 février 2010. Ils ont loué un « projet sérieux, réfléchi et évolutif »…
Les neuf élus communautaires, cosignataires d’un texte didactique (3.3 Mo)
, ont réaffirmé l’enjeu d’un pôle de valorisation des déchets pour l’agglomération bayonnaise sur le site de Batz à Bayonne. « Nous sommes des hommes et des femmes de dialogue, d’ouverture, et d’écoute. Nous ne voulons pas passer en force, mais nous entendons prendre nos responsabilités, a indiqué en préambule Michel Veunac, vice-président communautaire en charge du Développement Durable. Nous témoignons donc de manière solidaire en faveur de l’installation du pôle de valorisation sur le site de Batz à Bayonne ».
Ce projet, mûri par le syndicat mixte de traitement des déchets Bil Ta Garbi, porte sur la réalisation d’ici 2013 d’un centre de tri et d’une unité de tri, compostage, méthanisation des ordures ménagères sur un terrain sis entre la RD 817 et l’autoroute A 63, à la sortie de Bayonne. Un projet soutenu par la Communauté d’Agglomération, qui partage avec Bil Ta Garbi les compétences en matière de gestion des déchets (1).
« Il n'y a pas de solution miracle. Mais ce projet a été mûri avec sérieux et rigueur par Bil ta Garbi depuis 2004, a insisté Michel Veunac. Le site bayonnais a été retenu à la suite d’études approfondies, d’une large concertation. Il répond à une triple exigence d’intérêt général, de solidarité territoriale et de développement durable ».Du fait de la fermeture de l’usine bayonnaise de Bacheforès, près de 60 000 tonnes de la côte basque - dont 40 000 provenant de l’agglomération du BAB, sont acheminées par camions vers le centre d’enfouissement de Lapouyade en Gironde depuis 2006. « Cette situation, en plus d’être néfaste pour le bilan carbone de l’agglo, ne pourra perdurer après 2012, puisque nous n’aurons plus accès à cette solution » a prévenu l’élu biarrot.
D’où l’utilité de créer un équipement de traitement au plus près des lieux de production a renchéri Guy Mondorge, adjoint angloy et vice-président communautaire en charge notamment de la collecte des déchets. « Nous ne pouvons continuer ainsi à impacter le bilan carbone de l’agglo. Cette création s’inscrit par ailleurs dans la politique globale de gestion durable des déchets que la Communauté mène avec Bil Ta Garbi ».
L’élu a ainsi rappelé les efforts réalisés en termes de prévention et de réduction des déchets, en termes de tri, de sensibilisation citoyenne. Après avoir rappelé sa solidarité dans ce dossier, l’élu angloy a souligné le « courage politique de la Ville de Bayonne d’avoir accepté ce projet sensible ». « Chaque fois que se pose un problème sociétal d’envergure, l’une des villes de l’agglo doit pouvoir y répondre. Dans ce dossier, Bayonne l’a fait. Pour l’accueil des gens du voyage, c’était Anglet. Là encore, les réactions ont été nombreuses, mais aujourd’hui ce dossier est en passe d’être réglé »…
À son tour, Martine Bisauta, adjointe bayonnaise et conseillère communautaire, a loué l’unité manifestée dans ce dossier : « cette expression est primordiale. D’autant que le choix fait par le syndicat, auteur d’un travail remarquable, est un choix sérieux et compétent, fruit d’une longue concertation ».
L’élue entend par ailleurs rassurer les riverains de ce projet, « alarmés par des contre-vérités mises sur la place publique ». « Comment irions nous mettre un équipement néfaste aux riverains alors que cet espace au nord de Bayonne fait l’objet de toutes les attentions ? » Et de souligner l’enjeu territorial très fort sur ce territoire des Hauts de Bayonne appelés à une requalification d’envergure dans le cadre de l’ANRU (près de 90 millions d’euros). Des propos relayés plus tard par Georges Daubagna, venu rappeler l’installation sur place du personnel de Bil Ta Garbi et d’un espace pédagogique ouvert au public…
Autre argument de taille pour l’élue bayonnaise, « le pôle de valorisation correspond à ce qui se fait de mieux aujourd’hui en termes de traitement des déchets ». Une affirmation étayée par les explications de la vice-présidente de Bil Ta Garbi, Dominique Gibaud, également adjointe bayonnaise, conseillère communautaire et vice-présidente de Bil Ta Garbi. « Cette unité de tri, compostage, méthanisation n’a plus rien à voir avec les unités de Traitement Mécano Biologique des années 80. Là, les déchets entrants seront triés à plusieurs niveaux afin que la matière ensuite fermentée, compostée et valorisée ait la qualité nécessaire pour obtenir la norme requise pour les compost. »
Par ailleurs, l’usine a été calibrée pour traiter un maximum de 80 000 tonnes, anticipant ainsi les mesures de tri et de réduction des déchets engagées par les collectivités. Rappelons en effet que si les ordures ménagères ont déjà diminué de 14 % depuis 2002, le but est de réduire de 7 % de plus d’ici cinq ans, dans le cadre d’une convention passée avec l’Ademe.
L’autre objectif est diminuer de moitié les déchets sortants dans l’unité par rapport aux déchets entrants. Ils seront traités dans des bâtiments fermés, avec un traitement de l’air performant. « De quoi garantir l’absence de pollution olfactive ».
Autre gage d’efficacité selon l’élue, « le concepteur sera aussi l’exploitant, ce qui fera la différence avec des usines ayant subi des dysfonctionnements ailleurs. » Enfin, cette usine, venue répondre aux objectifs fixés par le ministère de l’écologie, se veut « évolutive ». « Elle sera en mesure de s ‘adapter aux nouvelles technologies, aux nouvelles règles fixées dans le cadre du Grenelle ».
Avec ce projet, l’agglomération joue donc la carte de la solidarité territoriale. Laquelle existe déjà en sens inverse. En effet, si les déchets ménagers sont traités en Gironde, les encombrants, déchets verts, déchets résiduels,…, le sont dans diverses structures du Pays basque. Avec ce projet, la solidarité territoriale dans ce dossier du traitement des déchets en sortira renforcée.
(1) La Communauté d'Agglomération est en charge de la collecte des déchets, Bil ta Garbi du traitement.
Partager cet article
Envoyer à un ami






